Toute biographie, qu’elle soit familiale ou personnelle comme l’autobiographie, convoque des souvenirs enfouis de longue date et souvent douloureux. On se confie sur des ruptures ou des deuils ou bien encore des maladies dont on ne s’est jamais complètement remis. On réveille des fantômes pas toujours aimables, de vieux tyrans ou terrifiants prédateurs qu’on ne pensait plus revoir. Il n’est pas rare non plus que la biographie soit l’occasion pour son commanditaire de révéler pour la première fois des abus sexuels subis dans l’enfance ou plus tard dans sa jeunesse. Ces confidences dont nous sommes les dépositaires en tant que biographes sont très chargées émotionnellement et selon notre degré d’empathie, elles ont un impact tant elles nous bouleversent. J’en ai fait l’expérience récemment en apportant mon aide à un biographe qui m’avait sollicitée dans l’étape de la relecture et qui avait suivi la formation Côté Talents il y a quelques années. C’était le récit d’une enfance fracassée qui fait partie de ceux que l’on n’oublie pas et cette biographie m’a marquée durablement.
La vie, chère à tout mortel, est toujours un juste sujet de larmes. Euripide

